À PROPOS
Portrait — L'homme-fleuve
Les collines du Burundi ne se quittent jamais vraiment. Elles enlacent le cœur comme une berceuse d’enfance, chuchotent dans les veines, et veillent dans les moments de silence.
Puis vint l’exil. La Belgique l’accueillit dans ses rues de briques et ses matins gris. Mais son cœur resta amarré aux rives des grands lacs. C’est de cette déchirure qu’est née une voix profonde, façonnée par les longs voyages, douce et capable de nommer la douleur sans la trahir — surtout engagée, car garder le silence, c’est aussi consentir à l’oubli.
La réponse, il l’a trouvée un soir à Bujumbura : on ne choisit pas entre deux rives. On devient le fleuve.
PARCOURS
Biographie
Les origines
B. Claude Ntahuga naît le 1er novembre 1975 à Bujumbura, dans une famille où se croisent deux mondes : un père d’ascendance Tutsi, issu de la noblesse de Muramvya, et une mère d’origine Hutu, survivante des massacres de 1972. De cette union improbable dans un pays fracturé par les lignes ethniques naît un enfant qui grandira avec la question de l’identité comme compagnon de route permanent.
Son enfance se déroule entre les ruelles de Bwiza et de Ngagara, quartiers populaires de Bujumbura où s’entremêlent les rires des enfants, les odeurs du marché central et les chuchotements des adultes qui parlent à demi-mot d’un passé douloureux.
L’exil et l’engagement
C’est en Belgique qu’il refait sa vie. Il s’engage politiquement au sein d’Ecolo, dont il devient secrétaire politique à Berchem-Sainte-Agathe, et milite pour les droits humains au sein de la Ligue ITEKA. À moins de trente ans, il appelle le cabinet du ministre Louis Michel pour obtenir un soutien à la caravane pour la paix au Burundi — et il l’obtient.
En 2003, il a créé IRIBA, ONG qui fait la sensibilisation par le cinéma mobile au Burundi. De 2008 à 2013, il est consultant privé auprès du Président du Burundi. En 2009, le journal Iwacu le distingue parmi les 50 personnalités qui font avancer le Burundi.
L’homme de terrain
Expert en communication, coopération internationale et relations internationales, Ntahuga a fait du monde son terrain d’enquête humaine. Mali, Niger, RDC, Rwanda, Togo, Ouganda, Bénin, Ghana, Tchad, Afrique du Sud, Libye — il a œuvré partout où les blessures restent ouvertes, où les espoirs, fragiles, tiennent encore.
Cinéaste documentaire de formation, il co-réalise « Pour mieux s’entendre », présenté devant plus de 700 personnalités à Flagey et décliné en version kirundi pour une caravane de paix de 12 mois à travers le Burundi.
L’écrivain
En décidant d’écrire Le chant des rives, Claude Ntahuga a consenti à pénétrer dans une malle enfouie au plus profond de sa mémoire. Son premier roman n’est pas un règlement de comptes : c’est une pierre discrète, mais solide, posée dans le mur du silence.
« J’ai voulu donner voix à ce métissage fragile — un père Tutsi, une mère Hutu, devenu par la force des choses un symbole de résistance dans un pays fracturé. »
— Note d’intention, 2026
Approche & style d'écriture
La langue de B. Claude Ntahuga est nourrie de deux sources vives : le kirundi, sa langue maternelle, avec sa musicalité particulière et ses métaphores ancrées dans la vie des collines ; et le français, langue d’exil et de formation littéraire, qu’il habite avec rigueur et une certaine élégance classique.
Formé à la fois à la poésie et au journalisme documentaire, il développe une écriture qui oscille entre la précision du fait et le souffle de la mémoire. Il n’invente pas : il témoigne, recompose, restitue. Ses thèmes de prédilection — l’exil, la mémoire, la fraternité, le dialogue des cultures, l’identité comme processus permanent — sont ceux d’une vie vécue à la croisée de plusieurs mondes.
Ses références littéraires reflètent cette double appartenance : Ahmadou Kourouma, Chinua Achebe, Chimamanda Ngozi Adichie, Alain Mabanckou, Mongo Beti, Camara Laye côtoient Albert Camus, Marguerite Yourcenar. Et toujours en arrière-plan, la grande figure d’Amin Maalouf.
« Écrire, c’est édifier un pont. Un pont entre les vivants et les disparus, entre les générations passées et celles à venir, entre ceux qui ont souffert et ceux qui doivent comprendre. »
— B. Claude Ntahuga
Repères biographiques
Naissance
Premier exil
Fondation d'IRIBA
Forum des Jeunes Nord-Sud
Engagement politique
« Pour mieux s'entendre »
Consultant présidence Burundi
Distinction Iwacu
Bien dans mes baskets
Le chant des rives
Kidal, point de rupture
MOFTAL EDITIONS
Note d'intention de l'éditeur
« En découvrant ce manuscrit, nous avons été immédiatement saisis par la force humaine du récit et par sa capacité à faire résonner une trajectoire de vie qui aurait pu être ordinaire, si les blessures de l'histoire d'un peuple n'en avaient décidé autrement. À travers les tensions familiales, les épreuves traversées par l'auteur et les paysages burundais qui accompagnent le récit, Le chant des rives dépasse le simple témoignage autobiographique.
Ce texte nous est apparu comme porteur d'une mémoire, d'une sensibilité et d'une réflexion qui méritaient d'être partagées. Chez Moftal Editions, nous sommes attachés aux œuvres qui interrogent le monde tout en restant profondément humaines ; ce roman s'est imposé à nous par sa sincérité, sa singularité et la portée universelle de son propos. »
— Mika Diallo, directeur de Moftal Editions
Note sur le manuscrit