Cinéma · Droits humains · Mémoire
Engagement et projets
Une trajectoire d’homme de communication, de mémoire et de terrain — convaincu que la parole, l’image et l’engagement peuvent réparer, instruire et éveiller les consciences.
DROITS HUMAINS & POLITIQUE
Engagement militant
Très jeune, Ntahuga a choisi le camp de ceux qui se tiennent debout. À la Ligue burundaise des droits de l’homme Iteka, il a défendu la dignité à visage découvert. En Belgique, à Berchem-Sainte-Agathe, il a été secrétaire politique du parti Ecolo, militant pour une société plus juste et une terre qui respire mieux.
Expert en communication, en coopération et en relations internationales, il a œuvré de la Libye à l’Afrique du Sud, du Togo au Mali, du Ghana à l’Ouganda, là où les blessures restent ouvertes et où les espoirs, bien que fragiles, tiennent encore.
REGARDER LE MONDE AUTREMENT
Engagement cinématographique
Avant d’être une affaire d’images, le cinéma est, pour B. Claude Ntahuga, une manière de regarder le monde : lui donner une voix, et rendre visibles celles et ceux que l’Histoire, la société ou les institutions laissent trop souvent dans l’ombre.
Son engagement à l’écran prolonge une trajectoire plus large — celle d’un homme de communication, de mémoire et de terrain, convaincu que l’image peut instruire, réparer et éveiller les consciences. À travers documentaires, docu-fictions, films de sensibilisation et productions institutionnelles, il a raconté le Burundi autrement : par ses femmes, ses enfants, ses communautés marginalisées, ses artisans de paix et ses bâtisseurs anonymes.
Dès le début des années 2000, il participe à des projets qui interrogent le vivre-ensemble, la parole et la réconciliation. Avec Pour mieux s’entendre et Les mots sages, réalisés aux côtés de Kaos Films et de la RTBF, il apprend une écriture audiovisuelle où le témoignage retisse les liens que les silences avaient creusés.
Au fil des années, son travail se déploie au croisement du cinéma social, de la communication pour le développement et de la mémoire collective. Producteur, réalisateur, assistant-réalisateur ou directeur de production, il accompagne des films consacrés à l’éducation, à la santé maternelle et infantile, à la justice des mineurs, à la participation des femmes, aux droits des enfants et aux dynamiques citoyennes.
DU CHEF-LIEU AUX COLLINES
Le cinéma comme palabre
Mais son engagement ne s’est pas arrêté à la production : il a porté le cinéma là où les écrans n’arrivaient presque jamais. Au Burundi comme au Sud-Kivu, en République démocratique du Congo, il a fait du cinéma itinérant un outil de sensibilisation, de dialogue et de transformation sociale.
Le principe était simple et puissant : produire des films sur des questions sociales majeures, puis les diffuser au plus près des habitants. Une équipe de journalistes, d’animateurs et de techniciens sillonnait le pays, du chef-lieu de province jusqu’aux collines les plus reculées. Avant chaque projection, un journaliste-modérateur posait le contexte et préparait le débat. Le matin, un court micro-trottoir était souvent tourné dans le village même : diffusé en ouverture de soirée, il permettait aux habitants de se reconnaître aussitôt à l’écran.
« La soirée devenait alors un véritable espace public. À la projection succédait un débat interactif, mené en kirundi et en français, à la manière de la palabre : chacun pouvait réagir, questionner, témoigner, contredire, proposer. L’écran se faisait miroir. »
Les spectateurs ne recevaient plus un message venu d’ailleurs ; ils s’interpellaient, parfois s’affrontaient, et devenaient peu à peu les protagonistes de leur propre prise de conscience. Cette démarche a durablement marqué sa vision : le cinéma ne doit pas seulement être vu, mais discuté, approprié, prolongé par la parole collective. L’image ouvre la voie ; c’est la communauté qui lui donne sa portée.
TÉMOIN, MÉMOIRE, MIROIR, PLAIDOYER
Une caméra qui n'est jamais neutre
Ses films ne cherchent pas seulement à informer : ils veulent toucher, déplacer le regard, provoquer une prise de conscience.
Les bâtisseurs d’avenir donne à voir celles et ceux qui, loin des projecteurs, reconstruisent le tissu social. Les Batwa de Muruta : une communauté oubliée attire l’attention sur une population marginalisée et rappelle que le cinéma peut être un acte de justice symbolique. Mon avenir n’est pas dans la rue, produit pour l’UNICEF, met en lumière les enfants vulnérables et leur droit à autre chose que la survie : une dignité, une protection, un avenir.
Son engagement passe aussi par la reconnaissance de la place des femmes. Umufasoni inkingi y’umuryango — La femme, pilier de la famille — résume une conviction : aucune société ne se construit durablement sans reconnaître le rôle central des femmes, dans la famille, la communauté, l’économie et la vie publique.
Chez B. Claude Ntahuga, la caméra est témoin, mémoire, miroir et, parfois, plaidoyer. Elle s’approche des réalités humaines avec pudeur, mais aussi avec la volonté de faire émerger ce que l’on préfère souvent ne pas voir. De ce parcours se dégage une constance : un cinéma utile, ancré dans les réalités africaines, où chaque film devient une fenêtre ouverte sur une question, une communauté, une douleur ou une espérance.
15 FILMS — 2003-2014
Filmographie sélective
Producteur, réalisateur, assistant-réalisateur, directeur de production — un parcours au service de la mémoire et de la voix collective.
| Année | Film | Production | Rôle |
|---|---|---|---|
| 2014 | Umufasoni inkingi y’umuryango (La femme, pilier de la famille) | Target Consulting | Producteur |
| 2012 | La justice pour mineur : un pari pour le Burundi | Terre des Hommes | Directeur de production |
| 2011 | Pathfinder International au service de la santé maternelle et infantile | Pathfinder International Burundi | Directeur de production |
| 2011 | Mon avenir n’est pas dans la rue | UNICEF | Producteur |
| 2010 | Éducation pour tous : à l’école du savoir | UNICEF | Producteur |
| 2010 | La place de la femme dans les élections | NDI / IRIBA | Producteur |
| 2010 | La COSOME et les élections | COSOME | Producteur |
| 2010 | L’Observateur au Burundi | IRIBA | Producteur et réalisateur |
| 2010 | Ntamwana n’ikinono | CNR | Directeur de production |
| 2009 | Imanga ntimarira Imana | IRIBA | Producteur |
| 2008 | Les Batwa de Muruta : une communauté oubliée | IRIBA | Réalisateur |
| 2006 | Les bâtisseurs d’avenir | IRIBA | Réalisateur |
| 2004 | Duhurize hamwe | Kaos Films / IRIBA | Producteur |
| 2003 | Les mots sages | Kaos Films / RTBF | Assistant-réalisateur |
| 2003 | Pour mieux s’entendre | Kaos Films | Assistant-réalisateur |